Neutralité du Net : Ingérable ? La génération Y demande un droit de réponse

En fait, il n’est pas certain le Royaume-Uni soit un bon exemple d’État nation qui, aux yeux des europhobes. Il ressemble davantage à une « monarchie composite » définie par l’historien John Elliott comme le type de gouvernement prévalant au XVIe siècle, nécessaire à la cohésion d’entités distinctes comme Aragon et Castille. Parce que l’UE semble être embourbée dans une crise perpétuelle, les arguments en faveur d’un « Brexit » ne manquent pas d’attraits, à la fois intellectuels et émotionnels. Avant même l’émergence des problèmes de dettes de la zone euro, de nombreux Britanniques pensaient que pour être résistante aux chocs, l’union monétaire nécessitait une plus grande intégration, et en particulier une union budgétaire sous une forme ou une autre. En d’autres termes, l’Europe devait se comporter davantage comme un État nation. Mais c’est précisément ce que le Royaume-Uni a toujours refusé. Selon la manière de l’appréhender, la quatrième révolution industrielle peut remettre en cause des valeurs traditionnelles telles que le travail, la communauté, l’identité ou au contraire élever l’humanité vers une nouvelle conscience collective. Parmi les innombrables défis auxquels le monde fit face aujourd’hui, le plus préoccupant a peut-être trait à la quatrième Révolution industrielle, qui a débuté au tournant du siècle. Les nouvelles technologies et les nouvelles approches font fusionner les mondes physiques, numériques et biologiques d’une manière qui va transformer fondamentalement l’humanité. Et c’est là ce que personne assurément, non pas même parmi nos adversaires, ne pourrait blâmer comme contraire à l’honnête. La quatrième révolution industrielle s’appuie sur la troisième du même nom, également connue sous le nom de révolution numérique, celle qui a entraîné la prolifération des ordinateurs et l’automatisation de l’archivage des données. Mais la nouvelle vague de transformation diffère des précédentes par quelques traits caractéristiques. Premièrement, les innovations n’ont jamais été mises au point ni diffusées aussi rapidement. Deuxièmement, la baisse des coûts marginaux de production et la montée des plates-formes qui agrègent et concentrent l’activité dans plusieurs secteurs augmentent les rendements d’échelle. Troisièmement, cette révolution mondiale va affecter tous les pays et aura un impact systémique dans de nombreux domaines. Si l’on veut saisir les opportunités et éviter les pièges de la quatrième révolution industrielle, nous devons examiner soigneusement les questions qu’elle suscite. Nous devons repenser nos notions de développement économique et social, de création de valeur, de vie privée et de propriété privée, sans oublier celle de notre identité individuelle. Nous devons nous poser, individuellement et collectivement, les questions morales et éthiques suscitées par la recherche de pointe en intelligence artificielle et en biotechnologie, ce qui permettra une augmentation importante de la longévité, les bébés à la carte et l’extraction de mémoire. Nous devons en outre nous adapter à de nouvelles approches pour rencontrer des gens et entretenir des relations. Il suffit de penser à l’impact qu’a déjà la technologie mobile sur nos vies et sur nos relations. Allons-nous être privés de la possibilité de faire une pause, de réfléchir et de nous livrer à d’authentiques conversations fécondes. Comment nos vies intérieures et nos liens avec ceux qui nous entourent vont-ils changer. Ce sont des questions graves, autour desquelles le débat va sûrement s’intensifier au cours des prochaines années. Dans cet effort, de nouvelles formes de collaboration et de gouvernance, accompagnées d’un récit commun positif, seront indispensables. À cet effet, trois étapes principales sont nécessaires. Neutralité du Net aime à rappeler cette maxime de Confucius, »L’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte ».