Antonio Fiori : Les achats peuvent aussi contribuer à l’innovation

Ils tirent plutôt des horoscopes que des conclusions. Commençons par des remarques qui s’appliquent, non à des organes de sensations spéciales, ou aux sens proprement dits, mais au système général de la sensibilité. Non pas que les prix vont s’envoler comme dans les plus belles années. La société gagne encore plus aux erreurs même d’un homme qui, après l’étude et la préparation voulues, pense par lui-même, qu’aux opinions justes de ceux qui les professent, seulement parce qu’ils ne se permettent pas de penser. Ceci est dérisoire : on enseigne au peuple qu’il y a des choses respectables, mais on ne lui apprend jamais qu’il y a des choses belles. Rien ne pèse d’un plus grand poids sur les libres élans de l’âme, ne les comprime mieux, que la laideur. Il est vrai que cette seconde sélection est beaucoup moins rigoureuse que la première, parce que notre expérience passée est une expérience individuelle et non plus commune, parce que nous avons toujours bien des souvenirs différents capables de cadrer également avec une même situation actuelle, et que la nature ne peut pas avoir ici, comme dans le cas de la perception, une règle inflexible pour délimiter nos représentations. Cette acception du mot de cause, que le bon sens a fait prévaloir dans le discours ordinaire, est la seule qui puisse justifier le rapprochement sur lequel repose la classification aristotélicienne ; car autrement il y aurait de la puérilité à dire, avec la généralité des scolastiques, que le bloc de marbre dans lequel une statue a été taillée est la cause matérielle de la statue ; et l’on ne voit pas bien nettement en quel sens il faudrait dire avec eux que l’idée conçue dans la pensée de l’artiste est la cause formelle plutôt que la cause efficiente ou la cause finale de l’œuvre. La seule chose que la bourgeoisie était capable de créer, qu’elle ait pu faire sortir de sa misérable conception de l’existence, c’est la laideur. Mais l’étau va un peu se desserrer. Faute d’une quelconque incitation en France, seuls de très rares groupes français s’y sont suffisamment préparés… pour y avoir été sensibilisés à l’étranger. Et de la vie pleine qu’elle aura su se faire sortira l’expression vraie du goût, de l’esprit et de la moralité françaises, violemment dégagée des simulacres qui la défigurent et qui grimacent comme de hideux fétiches dont les contorsions immobiles ont remplacé le geste large de la divinité. À plus forte raison, les sciences qui ne traitent que de vérités abstraites, permanentes et tout à fait indépendantes du temps, comme les mathématiques, ne pourront nulle part offrir, dans le système des faits qu’elles embrassent, rien qui ressemble à la liaison entre deux phénomènes dont l’un est conçu comme la cause efficiente de l’autre. La très grande majorité des entreprises françaises sont sous-équipées en matière de prévention. Si l’on ajoute qu’en 2012, 25% des personnes sans domicile fixe travaillaient, il apparaît clairement que l’emploi seul ne protège pas toujours de la précarité. Dans ce contexte, la maîtrise nécessaire des déficits et de l’endettement public de notre pays ne peut se faire au détriment des plus fragiles, c’est-à-dire des politiques de redistribution sociale et de lutte contre la reproduction des inégalités. Acteurs de la solidarité, du développement économique, chercheurs, citoyens, nous pensons que l’emploi et la croissance ne suffisent pas à faire disparaître les fléaux qui étouffent notre société : la pauvreté, les inégalités et la stigmatisation des plus fragiles. Afin qu’en cas de dispute subséquente on puisse avoir la preuve que le contrat a été fait réellement et dans des circonstances qui n’avaient rien pour le rendre légalement nul. Il faut qu’elle se délivre des liens qui l’entravent, qu’elle sache conquérir l’espace et la liberté qui sont nécessaires à son expansion. L’Etat a réussi à sauvegarder l’essentiel de la protection sociale et à limiter l’augmentation des inégalités, aujourd’hui plus forte que dans d’autres pays européens. Malheureusement, nombre d’entre elles n’ont fait que quelques pas guère convaincants dans cette direction. Les sommes prélevées sur le profit et dirigées vers des causes publiques peuvent bien évidemment faire de bonnes choses et contribuer au bien public. Cependant, la critique courante faite à l’encontre de ces actions est qu’elles constitueraient du « greenwashing ». Un exemple frappant de cette ambivalence est le débat qui a eu lieu autour de Coca-Cola. Il est également le signal de la qualité organisationnelle de l’entreprise, qui réussit à offrir des biens et services en diminuant au maximum le gaspillage des ressources productives. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois  » La porte la plus sûre est celle que l’on peut laisser ouverte ».