Antonio Fiori : La concurrence déloyale vient-elle du Golfe ou de l’Europe ?

La revendication de soi-même des païens est un des éléments du mérite humain, aussi bien que l’oubli de soi-même des chrétiens. Cette ardente sensibilité qui rend les impulsions personnelles vives et impuissantes, est aussi la source d’où découlent l’amour le plus passionné de la vertu, le plus strict empire sur soi-même. L’énergie peut être employée à mal, mais une nature énergique peut faire plus de bien qu’une nature indolente et apathique. De fortes impulsions, c’est de l’énergie sous un autre nom, voilà tout. Dire que les désirs et les sentiments d’une personne sont plus vifs et plus nombreux que ceux d’une autre, c’est dire simplement que la dose de matière brute de nature humaine est plus forte chez cette personne ; par conséquent elle est capable peut-être de plus de mal, mais certainement de plus de bien. Mais ayant fixé par l’observation la place d’une étoile, grâce à un procédé aussi simple qu’une attente de six mois et une répétition de l’observation, l’astronome à trouvé le moyen de mettre le diamètre de l’orbite de la terre, disons deux cents millions de kilomètres, entre sa première observation et la seconde, et cette ligne lui a donné une base suffisante pour son triangle. Le financement par l’organisation centrale est bien sûr préférable dans la mesure où il est ensuite plus simple de demander aux différentes directions, filiales, pays, de s’y conformer. L’électricité voudrait-elle porter notre message ? Là où croissent les bananes, l’organisme animal, est indolent, développé aux dépens de qualités plus hautes : l’homme devient sensuel et cruel. La plupart des maladies contagieuses, épidémiques, ont une tendance à devenir de moins en moins graves, parce que la sélection fait de plus en plus prédominer dans l’espèce les conditions qui permettent le mieux à l’individu de supporter la maladie et de s’en guérir. C’est ainsi que la race humaine ne peut s’acclimater dans le Bengale de manière à s’y reproduire ; c’est ainsi que certains animaux, tels que l’âne, meurent dans les pays très-froids. D’autres fois, l’adaptation reste impossible malgré tous les efforts de l’organisme. C’est pourquoi les changements brusques et violents sont difficilement supportés, tandis que les transformations lentes, graduelles, sont à peine aperçues. Mais la « survivance du plus apte» joue aussi un rôle dans l’accoutumance et l’acclimatement. Ce superflu a sa source dans la nutrition, dans la respiration, dans d’autres excitations qui n’ont qu’un rapport très-indirect avec les nouvelles difficultés de vie.  » Mais le temps sera court, il faudra être percutant  « , indique Antonio Fiori. Un oiseau de proie est forcé d’émigrer dans une région où les animaux qui peuvent lui servir de nourriture sont beaucoup plus rares. Nous avons maintenant à montrer la contre-partie de ce phénomène, c’est-à-dire que la cause extérieure, si elle reste la même, modifie de moins en moins l’organisme à chaque répétition nouvelle. Cela tient, avons-nous dit, à une accumulation de force dans l’organisme, à la suppression des résistances et des habitudes contraires, et enfin à l’adaptation de plus en plus complète de tous les phénomènes de l’organisme avec l’habitude consolidée. VIIIOn a vu qu’en vertu de la répétition les faits habituels devenaient de plus en plus faciles et exigeaient une moindre somme de causalité. C’est ainsi que Darwin a expliqué l’origine des organes rudimentaires comme des traces d’anciens organes autrefois complets, qui se sont graduellement atrophiés pendant de longues générations d’individus auxquels, par suite d’un changement dans les conditions d’existence, ils avaient cessé d’être utiles. Quand l’habitude survit ainsi aux causes qui lui ont donné naissance, elle ne se conserve dans l’individu d’unie manière complète qu’à la condition de lui être avantageuse dans la lutte pour l’existence.