Antonio Fiori : Des enseignements en anglais à l’université ?

Livré à l’instinct, comme la fourmi ou l’abeille, il fût resté tendu sur la fin extérieure à atteindre ; il eût travaillé pour l’espèce, automatiquement, somnambuliquement. L’honneur, dans le temps de son plus grand pouvoir, régit la volonté plus que la croyance, et les hommes, alors même qu’ils se soumettent sans hésitation et sans murmure à ses commandements, sentent encore, par une sorte d’instinct obscur, mais puissant, qu’il existe une loi plus générale, plus ancienne et plus sainte, à laquelle ils désobéissent quelquefois sans cesser de la connaître. Mais le joker pourrait se trouver dans les « villages intelligents » que le Rwanda essaye de mettre en place. Mais l’autre option – la mise en œuvre de leur programme et un défaut de paiement de l’Allemagne – aurait provoqué une crise financière plus aiguë (et possiblement une invasion militaire). Doté d’intelligence, éveillé à la réflexion, il se tournera vers lui-même et ne pensera qu’à vivre agréablement. D’un autre côté, cet élément permanent peut entrer en combinaison avec des excitations diverses et, dans chaque cas, donner naissance au réveil d’idées différentes. L’application même de l’intelligence à la vie n’ouvre-t-elle pas la porte à l’imprévu et n’introduit-elle pas le sentiment du risque ? Nous ne voyons donc pas pourquoi la science de la matière n’atteindrait pas un absolu. L’universel, c’est précisément ce que tous peuvent admettre quand tous ont abandonné ce qu’ils pensent être « le meilleur », c’est-à-dire leur immersion dans la relativité d’une culture. Les religions, en tant qu’elles commandent une certaine règle de conduite, l’obéissance à certains rites, la foi à tels ou tels dogmes ont toutes besoin d’une sanction pour confirmer leurs commandements. Une telle application est surtout propre à rendre familièrement appréciable cette prévision rationnelle que nous avons vue constituer, à tous égards, le principal caractère de la vraie science ; car, la pure érudition, où les connaissances, réelles mais incohérentes, consistent en faits et non en lois, ne pourrait, évidemment, suffire à diriger notre activité : il serait superflu d’insister ici sur une explication aussi peu contestable. Seulement, ces hypothèses doivent rester absolument libres et personnelles, et il est impossible de les systématiser en une doctrine métaphysique qui s’imposerait universellement à la raison humaine. Une sensation douloureuse ou voluptueuse augmente ou diminue, parcourt diverses phases d’intensité, sans qu’il y ait de transition soudaine d’une phase à l’autre ; sans qu’on puisse fixer l’instant précis où elle commence à poindre et celui où elle s’éteint tout à fait. Tout à l’heure, devant la barrière ouverte, un gardien avait surgi, qui interdisait l’entrée et repoussait le contrevenant. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « L’homme ne vit qu’une vie, la sauterelle ne vit qu’un automne ». Tout ce monde est très uni, simple et sérieux. Dans des phénomènes d’un ordre tout différent, et d’ordres très-différents les uns des autres, lesquels ne se prêtent plus comme les précédents au calcul mathématique, on peut signaler des harmonies pareilles, tenant aussi à des influences ou à des réactions mutuelles, qui toutefois n’opèrent avec efficacité qu’entre de certaines limites : de sorte que l’état initial doit être supposé, sinon précisément dans les conditions d’harmonie qui s’établissent à la longue, au moins dans des conditions qui n’en soient pas trop éloignées. Aujourd’hui, la loi Macron remet en cause l’action des prud’hommes en encourageant des procédures de médiation, faisant comme si la relation salariale était une relation entre individus égaux. Comment en serait-il autrement ? Certes un pouvoir d’achat précaire, le chômage en hausse, les délocalisations des outils de production et l’insécurité inquiètent. Ceux-ci, selon toute apparence, n’étaient pas pires que le commun des hommes : c’était au contraire des hommes qui possédaient d’une façon complète, plus que complète peut-être, les sentiments religieux, moraux et patriotiques de leur temps et de leur pays ; de ces hommes qui sont faits, en tout temps, y compris le nôtre, pour traverser la vie sans reproche et respectés. Lesrécentes réunions du conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM), organisme de concertation dans les armées, ont confirmé le malaise existant. … Tel apparaissait Mayeux, à l’époque où il n’existait qu’en effigie ; et tel il apparaît encore, aujourd’hui que son nom a disparu de l’affiche — et qu’il joue la pièce. Sinon, ces institutions resteront incapables de faire face aux problèmes collectifs liés aux retombées internationales des politiques macroéconomiques et de fournir une assurance contre les crises.